Travail Domestique

Affranchis des clichés, les beaux « outils érotiques » signés Domestique investissent le quotidien le plus naturellement du monde, entre objets design et accessoires de mode.

DOMESTIQUE

 

Luxueuse et impertinente, la marque parisienne Domestique tord le cou aux clichés et prouve que jeux-sadomasochistes (bracelets menottes, harnais, ceintures…) et amour des beaux objets peuvent faire bon ménage. Interview de son fondateur, Bastien Beny.

Qui es-tu Bastien ?
Mon parcours est avant tout lié au vêtement avec une formation de prêt-à-porter femme. Juste avant de terminer ma 4e année à La Chambre Syndicale de la Couture, j’ai été repéré par Pascale Mussard, directrice artistique chez Hermès où j’officie encore aujourd’hui en tant que designer freelance. Passé chez Ungaro et Faith Connexion (en charge des accessoires notamment), j’ai fondé en 2016 Domestique, un atelier d’accessoires et d’objets inspirés de la réflexion autour du désir et de l’érotisme.

Question naïve : le BDSM (pour bondage-sadomasochisme), c’est une vraie « culture » ? 
Le BDSM est une culture ancestrale et actuelle qui a traversé les siècles tout en se modernisant artistiquement et stylistiquement. On le perçoit encore aujourd’hui avec le retour du BDSM « soft » tant dans le cinéma que dans la mode. Et même avec l’apparition de clubs novateurs et d’ateliers d’initiations et d’apprentissages du shibari, origine japonaise du BDSM moderne. Bref, une certaine démocratisation de l’érotisme qui ouvre de grandes libertés dans les milieux artistiques.

Comment travailler l’érotisme tout en restant chic et accessible ? 
C’est justement cette question que je me suis posé et qui a nourri la genèse de l’atelier Domestique. Il apparaissait que les propositions d’accessoires (tous niveaux de gammes confondus) ne retranscrivaient pas l’élégance, le raffinement et l’accessibilité que le BDSM pouvait combiner. C’est ainsi que j’ai imaginé ma marque et cette toute première série baptisée Piaf, qui se situe à la frontière entre l’accessoire de mode-bijou, et sa fonction initiale :  le « soft » BDSM. Ses multiples niveaux de lecture des accessoires, à double sens et à double utilisation, laissent libre à chacun d’utiliser les pièces Domestique comme il le souhaite.

Quelles sont tes inspirations ?
Je puise mes inspirations au sein de la richesse culturelle du BDSM : ses produits, ses incontournables, ses techniques de bondage anciennes ou contemporaines que je réinterpréte, détourne, affine et ennoblis. Cela passe beaucoup par la manipulation de la matière, du cuir, de la corde, notamment autour des mannequins Stockman pour redessiner le corps et souligner le vêtement. L’artisanat et le travail fait-main sont primordiaux dans ma démarche. J’ai une approche « volumique » de prototypage avant même d’apposer mes idées sur papier, ceci afin de laisser opérer une liberté naturelle qui est ma vraie source d’inspiration.

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