Etienne Deroeux

Fraîchement nominé pour  pour le prestigieux prix Woolmark (un prix destiné aux jeunes entrepreneurs de la mode avec, pour chaque lauréat, un petit pactole à la clé), nous avons rencontré ce joli garçon dont tout le monde parle : Etienne Deroeux.

Pièce jointe

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Après avoir fait ses preuves chez Peter Pilotto, celui qui a fait ses armes  à l’Académie des Beaux Arts d’Anvers et à La Cambre, à Bruxelles, nous reçoit chez lui, à Paris. Installé dans le Marais, le créateur travaille une marque éponyme – sportive, graphique et brute – entièrement produite en France. Rencontre…

Ton designer favori est Issey Miyake. Il dit travailler en cycles de création et non en saisons. Te retrouves-tu dans cela ?

J’aime beaucoup ces designers japonais pour leur gymnastique, leur univers de travail mais je m’éloigne, de plus en plus, de leur esthétique et de la façon même dont ils construisent un vestiaire. Mes collections ne sont pas étrangères à la suivante ou à la précédente, c’est un vestiaire. Mes vêtements peuvent se mélanger avec ceux que j’ai fait il y a trois ans et je peux garantir qu’ils se mélangeront avec ceux que je ferai dans cinq…

Pour ta collection de l’hiver prochain (photo ci-dessous), tu t’es inspiré du sportswear américain des années 50. Qu’est-ce qui t’attire tant dans cette époque ?

On dit toujours que la mode est un effet de cycles. L’émergence du sportswear américain a été provoquée par une réaction sociologique : la fin de la guerre. Les gens en ont eu marre d’être tristes, ils ont juste eu envie d’un truc facile à vivre. Je trouve qu’aujourd’hui il y a vraiment un écho à travailler ça dans le prêt-à-porter parce qu’on a envie de sortir, d’arrêter le noir. Je veux donc créer un vestiaire facile à vivre, fonctionnel et tourné sur la vie de tous les jours. Je dessine pour des filles qui prennent l’avion, qui conduisent et qui bossent !

 

ETIENNEDEROEUX

 Collection Automne Hiver 2014

Quelles sont tes sources d’inspirations ?

Principalement l’architecture et une forte histoire de la mode. Petit, je voulais être architecte et ce que je fais maintenant c’est toujours de l’architecture. C’est juste beaucoup plus simple parce que le terrain ne change pas. Ce sont des idées qu’on transforme en volumes. Mais au final, je m’éclate plus à faire de la mode !

Quelles sont les principales difficultés que tu rencontres en tant que jeune créateur ?

On n’a jamais assez d’argent pour faire ce qu’on veut, c’est sûr. Mais je n’ai pas envie d’appeler ça une difficulté. Ca fait partie du jeu. La vraie difficulté, c’est de créer un business en France.

 

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Collections Resort & Printemps/Eté 14

On te compare souvent avec Jacquemus, ça t’amuse ?

On a le même âge, on fait le même travail, on traine plus ou moins dans les même endroits… plus ou moins avec les même gens… On a forcément plus ou moins les même sources d’inspirations bien qu’il soit plus sur un créneau « nineties ». J’ai beaucoup de respect pour ce qu’il a réussi à faire même si je trouve la comparaison un peu facile. Un peu comme dans la culture anglo-saxonne, je trouve cela dit ce genre de compétitions hyper sain.

Tu es nominé pour l’International Woolmark Prize. Quelle a été ta réaction au moment de l’annonce de ta nomination ?

Je suis hyper content. C’était assez inattendu, ça a été un choc agréable.  Quand on pense qu’en 1966 c’est Lagerfeld et Saint Laurent qui sont arrivés ex æquo…

Le site d’Etienne ici.

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