Chez Stéphane Malka

Affichée tel un étendard sur son teddy*, produit en série ultra limitée, la phrase « Vivre sans temps mort » résume assez bien la philosophie de l’utopiste Stéphane Malka. Rencontré chez lui dans ses ateliers du XIe arrondissement de Paris, l’architecte nous dévoile en prime quelques uns de ses objets fétiches… Par Linda Mestaoui

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Les prémices

Parisien d’adoption depuis une quinzaine d’années, Stéphane Malka est né à Marseille. Son premier voyage à Paris date de 1987. Il est secoué, d’entrée de jeux, par la découverte de la culture tag et du graffiti. « Le savoir lié à cette culture – à l’époque – il fallait aller le chercher, ce qui finalement rendait les choses plus sacrées. Cela a entraîné une génération qui s’est créée ses propres mythes fondateurs : des fétichistes de la shoes, des collectionneurs de  disques vinyles etc. »

L’influence du graffiti

Stéphane Malka est influencé par les artistes contemporains comme Ernest Pignon Ernest, Blek le Rat, Futura 2000, Neckface, ou encore Os Gêmeos. Il nous confie : « le refus des Beaux Arts de Marseille d’intégrer un artiste de graffiti comme moi m’a conduit finalement à rejoindre une école d’architecture. » Il rejoint donc à Paris les Ateliers Jean Nouvel. Son premier job en indépendant  ? Scénographe pour des shows Thierry Mugler à l’espace Wagram. Son premier « vrai » projet ? Un bar perché sur le toit des Galeries Lafayette à Paris, baptisé « Haut-nid ». L’exemple illustre parfaitement d’ailleurs son désir assez précurseur d’investir les toits des villes, et tous les espaces inexploités en général. « Il y a différentes façons d’appréhender le graffiti, les puristes l’aborderont de cette manière : 1 main – 1 bombe – 1 rue. » Stéphane lui se réapproprie les lieux à l’abandon, «  pour créer une nouvelle urbanité ». Les similitudes entre le graffiti et l’architecture vont bien au-delà des spots, il y a aussi l’envie « de créer la surprise, l’éveil ».

Le petit Pari(s), le livre

L’architecte travaille actuellement sur son premier ouvrage, orchestré par les Graphiquants, un jeune collectif de talentueux graphistes parisiens avec lequel il a déjà collaboré sur la scénographie de son projet pour le Musée du quai Branly. Pensé comme un livre de photos d’art, il regroupera vingt de ses projets, dont le surréaliste Auto-Defense.

Sa vision de l’architecture 

Stéphane aspire au réveil de l’architecture d’aujourd’hui grâce à des projets plus réalistes pour faire face à la surpopulation de l’espace. Une architecture axée sur l’avenir, qui investirait  l’espace public et les « délaissés urbains », sans rien détruire. « L’architecture est liée au peuple, j’aime penser en terme d’utopie des possibles, d’imaginer chaque projet comme un manifeste. La stratégie m’intéresse plus que la forme. Dans tous mes projets la genèse est la même : je pars d’une problématique sociale liée au système. » L’exemple type  ? Fixer une galerie d’art sous forme de modules sous les arcades du pont de Barbès pour générer de nouveaux plaisirs de ville. A suivre…

*  blouson Monsieur LacenaireLa MJC disponible chez colette & Cool Cats

Photos : Julie AnsiauDes Fruits et des Fleurs etc

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