Les métiers d’Art de Chanel

09/12/2011  by 

Envoûtant. Le dernier défilé des Métiers d’Art Paris Bombay de Chanel nous transportait la semaine dernière dans une Inde sublimée. Mais derrière la lumière des lustres et les délicieuses effluves de jasmin, on en oublierait presque le colossal travail des paruriers, brodeurs et autres bottiers, encore à pied d’œuvre quelques heures seulement avant le début du show. Flash back.

 

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Voilà neuf ans que la Maison Chanel présente, une fois par an, sa collection des Métiers d’Art Paris Bombay. Livrée fin mai 2012 en boutique, elle met en scène les savoir-faire de quelques Maisons françaises rachetées par la marque : Desrues, Lesage, Lemarié, Massaro, Michel, Goossens, Guillet et depuis peu Montex. Quelques jours avant le jour J, les petites et jeunes mains de l’atelier Lemarié – la moyenne d’âge avoisine les 30 ans – façonnent à la boule ou au fer à gaufrer le célèbre camélia cher à Coco Chanel. Et si les fleurs sont une spécialité, la Maison Lemarié excelle aussi dans la parure : froufrous, incrustations, volants, plissés, smockes, galons… Pensez seulement : une paire de souliers, brodée de charmants petits noeuds en cuir, nécessite à elle seule environ 1h30 de travail minutieux. Imaginez donc…

Côté chaussures justement, Massaro finit la préparation de ses derniers modèles.  Le bottier dispose généralement de six semaines grand maximum pour rendre ses créations. Pour ce défilé Paris-Bombay, les ateliers parisiens assemblent pas moins de quatre vingt dix paires. Des boots à paillettes élastiquées vite dévoilées aux pieds des mannequins, mais aussi ces sublimes cuissardes plates en cuir tatoué arabesque (4 heures de travail par paire). Cerise sur le gâteau, l’atelier Massaro apporte enfin sa touche finale en apposant son nom sur ces jolis trésors. La seule Maison à pouvoir se le permettre d’ailleurs, souvenir d’un accord passé entre Monsieur Raymond Massaro et Mademoiselle Chanel elle-même.

Au même moment, pendant que Desrues ciselle ses derniers boutons-bijoux, les ateliers Lesage* brodent à l’aiguille ou au crochet de Lunéville (quand on brode sur l’envers et “coince” les perles une par une à chaque point) les ultimes strass, rubans, cabochons ou pampilles sur la manche d’une veste tailleur ou le col d’un manteau à martingale. Ici une cinquantaine de personnes s’affaire avant l’évènement, entre soixante mille échantillons de broderies et près de soixante tonnes de fournitures. Une vraie caverne d’Ali Baba ! Idéal pour retrouver – dans la plus grande collection de broderies de couture au monde – les parfaites capsules métalliques et autres perles baroques qui viendront orner ces sublimes atchkan dessinés par Karl Lagerfeld. Que le spectacle commence… www.chanel.com

Photos Julie Ansiau, Des Fruites des Fleurs etc

* Monsieur François Lesage s’est éteint le 1er décembre dernier

 

 

 

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